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	<title>Arnaud Gobin &#187; romans</title>
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		<title>Opération Kipling</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Feb 2017 10:38:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[romans]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div class="sc-column-12 "><p><a href="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2017/02/kipling.png"><img class="alignnone size-full wp-image-620" title="Le ventre de Jeanne" src="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2017/02/kipling.png" alt="" width="640" height="480" /></a></p></div>
<div class="sc-column-12 last"><p><strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Editions Ex Aequo-2016</strong></p>
<p><strong>Collection Rouge- 244 pages</strong></p>
<p><strong></strong><span class="sc-dropcap">A</span>lex Dembsky travaille à la protection des cétacés. Un attentat vient de se produire dans le métro de Londres tandis qu’il rentrait d’un mystérieux périple en Irlande. Son fils a disparu. La vieille dame qu’il accompagnait dans sa fin de vie a été abandonnée morte dans sa maison. L’agent Lester Bennet, lui, supervise à contrecœur un hasardeux stratagème du MI5.  Il tente aussi de découvrir qui a tué son jeune collègue et traque les escrocs du net pendant que la maladie le ronge. Entre les lieux les plus interlopes de la capitale britannique, les calmes paysages de l’ile d’émeraude et les artères bouillonnantes de Lagos, un chassé-croisé s’installe. Les trusts pétroliers sont-ils responsables des déboires d’Alex ou bien la guerre en Syrie en est-elle indirectement la cause ? Ce qu’Alex apprendra de l’Opération Kipling lors d’une unique rencontre avec Bennet  lui fera froid dans le dos.</p></div><div class="clearboth"></div>
<div class="sc-divider"><a href="#">Un extrait</a></div>
<p style="text-align: justify;"><blockquote class="sc-blockquote"><p> L’employée épluche mon passeport au comptoir d’enregistrement. Oui, je m’appelle Alex Dembsky et c’est bien moi sur la photo. Il paraît que j’ai eu un jour vingt-sept ans. Quand ? Je ne sais plus, mais c’était pas hier. Je me suis arrêté de vieillir à l’âge de Jim Morrison, Janis Joplin et de tous les clamsés du Forever 27 Club.  Pour être honnête, j’ai pas inventé l’élixir de jouvence, je fais juste semblant d’oublier mes anniversaires à la manière d’une bourgeoise liftée. Je vis au présent. Le temps qui passe me fout les jetons, surtout ces derniers temps. Même si vous vous en fichez, sachez aussi que je suis biologiste, spécialiste des cétacés. Mes ancêtres polonais m’ayant légué un teint pâle et une tignasse blond cendré on me surnomme naturellement « Beluga », « Bélou » pour les intimes. Comme je suis gourmand, mon embonpoint me vaut aussi de la part de quelques cons le sobriquet de « Moby Dick ». Je les emmerde ! Le jour où on n’aura plus rien à bouffer, ils crèveront avant moi. Mon petit sac à dos disparaît sur le tapis roulant. La nana me tend une carte d’embarquement avec un sourire crispé.    </p>
<p>            Porte B. Je vide mes poches avant de passer le portique. L’agent de sécurité me confisque le caillou ramassé près de la maison des Carbery. Il pense que je vais déménager l’Irlande pierre par pierre ou attaquer le pilote à coups de galet. Humour ? Je mets quelques minutes à réaliser que le vigile est sérieux. Je crois rêver ! J’essaye de négocier. Rien n’y fait. « Rules are rules  ». La petite tortue en granit vert échoue dans une corbeille en plastique. Cet abruti vient d’aggraver mon humeur de chien. Le troupeau embarque. Je le rejoins sans enthousiasme. J’entre dans la carlingue en dernier. Il ne reste qu’une place de libre. Je suis maudit ! Mon voisin est un gamin qui voyage seul avec son badge autour du cou. Je le vois déjà s’agiter près du hublot. Il a plutôt intérêt à fermer son clapet pendant une heure. C’est vraiment pas le moment de me contrarier. Dépressurisation… masques à oxygène… gilets de sauvetage sous les sièges… je serre déjà les fesses. Mon ventre cache la boucle de ceinture. L’hôtesse doit se pencher pour s’assurer que je suis bien attaché. Hurlement des réacteurs. C’est parti ! </p>
<p>         Je ne décolle pas de Dublin comme prévu. Hier j’ai loupé l’avion. Saleté de bagnole ! Je venais à peine de quitter Julia quand le moteur s’est mis à hoqueter. Deux bornes plus loin, c’était la panne en rase campagne. J’ai vérifié les fusibles, soulevé le capot et soufflé dans les cosses de bougies. Je me suis acharné sur le démarreur jusqu’à épuiser la batterie, impossible de repartir. La Japonaise s’était fait harakiri. J’ai appelé le loueur. La petite agence de Nenagh n’avait plus une seule voiture disponible. J’ai râlé comme un phoque, mais ça n’a rien changé. Ils m’ont envoyé un garagiste. J’ai attendu une bonne demi-heure en regardant les vaches brouter. Quand la cavalerie s’est pointée, j’avais déjà fait une croix sur mon avion. Le type a démonté le carburateur sans trouver la cause du problème. Il a hissé la caisse sur sa remorque. Je lui ai demandé de me ramener au manoir. Le van de Julia n’était plus là. Elle avait dû emprunter une autre route. Je suis reparti dans la dépanneuse. Le mécano se roulait le même tabac moisi que Garret, le matelot du John Oxley. L’odeur a failli me rendre malade. J’ai pu modifier mon billet pour le vol de ce matin. Sinon je serais rentré en ferry ou à la nage. Je me suis enfilé un chicken ships devant la gare avant de sauter dans le premier train pour Cork. J’ai traîné jusqu’au soir dans le quartier historique. J’ai écumé quelques pubs et je suis allé me coucher. La chambre que j’avais louée chez une mamie puait la naphtaline. Ce qui m’angoisse depuis hier, c’est que je n’ai pas pu joindre Madhi. J’ai encore essayé depuis la salle d’embarquement. Son portable est toujours sur répondeur et le fixe de Shirley n’a plus de tonalité. Je trouve ça vraiment inquiétant. </p>
<p>           « Température extérieure huit degrés. Veuillez rester assis jusqu&rsquo;à l’extinction du signal lumineux…». Je respire mieux. Des militaires arpentent le terminal mitraillette en bandoulière. L’aéroport de Gatwick grouille de flics. Je vais prendre l’express qui me déposera à Victoria. Ce n’est pas une bonne idée. Les quais sont bondés. Le trafic est complètement perturbé. Des annonces par haut-parleurs invitent les voyageurs à se rabattre sur les navettes routières. Dehors, la situation n’est pas meilleure. Les bus sont pris d’assaut. Je me résigne à faire la queue pour choper un taxi. L’attente est interminable. Je tente une fois de plus de joindre Madhi sans résultat. C’est enfin mon tour. Un black charge mon sac dans le coffre en roulant des yeux à la Louis Armstrong. J’ai pris place dans un tacot sous protection divine. Accrochée au tableau de bord, une Sainte Vierge phosphorescente agrippe son lardon dans les virages. Un chapelet se balance au rétroviseur pendant que des chérubins autocollants jouent de la trompette sur les accoudoirs. Il ne manque plus que les cierges et l’encens. À l’entrée de Brixton, nous doublons plusieurs véhicules des Security Companies, puis des patrouilles à cheval comme à la parade. Je n’ai jamais vu autant de bobbies en gilet fluo dans les rues. L’état d’urgence a été décrété ? On a enlevé la reine ? Je n’ai pas entendu une seule info depuis deux jours. J’interroge le chauffeur sur cette flopée d’uniformes. Il cesse de fredonner son gospel. </p>
<p>— C’est à cause de l’attentat, sir, me répond-il avec gravité.<br />
Le mot me fige sur la banquette.<br />
— Quel attentat ?<br />
— Hier soir, un engin a explosé dans le métro entre Bond Street et Green Park. Il y a des contrôles partout. Ça fiche la pagaille dans la circulation et dans les gares.<br />
J’ai un mauvais pressentiment.<br />
— Il y a beaucoup de victimes ?<br />
— Oh ! yes my God. Le Seigneur a rappelé à lui dix-neuf innocents, dont quatre petits jeunes. Faudra prier pour eux, sir. La bombe a blessé aussi une centaine de personnes. Aux infos, ils ont dit qu’un voyageur courageux avait cassé une vitre pour la jeter dans le tunnel juste avant que la rame entre dans la station. Sinon, ça aurait fait un carnage. L’homme a été déchiqueté. Croyez-moi, sir, pour son sacrifice il montera au paradis avec la Croix de Georges.<br />
 « Quatre petits jeunes ». La précision me terrifie. Je pense à mon fils Madhi. J’ai les lèvres qui tremblent.<br />
— À quelle heure ça s’est passé ?<br />
— Quand tout le monde rentrait du travail. Ces damnés bandits voulaient tuer beaucoup de gens. </p>
<p>              J’essaye de me maîtriser pour réfléchir. Si Shirley et Mahdi avaient été dans le métro à ce moment-là, Édouard m’aurait rappelé. Mais alors pourquoi les téléphones sonnent-ils dans le vide ? Je poserai mon sac plus tard. J’impose au chauffeur un changement de direction vers Portobello Road. Si Shirley n’est pas chez elle, Abby pourra m’expliquer ce qui se passe. Après une série de détours et de raccourcis à rallonge, le taxi se gare enfin en double file. Je demande au black canonisé de m’attendre en laissant tourner le compteur. Je remarque immédiatement que les volets sont fermés. Je me laisse envahir par la panique. Mes jambes sont en coton. J’ai du mal à monter les marches du perron. Je frappe. Personne ne m’ouvre. Je ne perçois aucun bruit à l’intérieur. Je cogne plus fort. Ça ne sert à rien. Je passe chez Abby. Chez elle aussi les rideaux sont tirés. Pourtant à cette heure-ci, la garde-malade devrait être présente. J’entends bien la sonnette et les sifflements du cacatoès. Abby a peut-être été emmenée à l’hôpital. Ça expliquerait tout. Cette idée me peine, mais elle me rassure. Madhi serait simplement retourné m’attendre à la maison. J’appelle chez nous. Il ne décroche pas. Le cauchemar de l’attentat revient au galop. Je tourne machinalement la poignée de la serrure. La porte n’est pas fermée. J’entre dans le vestibule obscur. Attaché à son perchoir, Coco se met à hurler des « Grüss Gott » stridents. J’allume l’interrupteur de l’escalier et je grimpe au premier. Je veux m’assurer qu’Abby n’est plus chez elle. Je pousse la porte de sa chambre. Une odeur d’urine et de fruit pourri me prend à la gorge. Je distingue une forme dans le lit. Je m’approche doucement. Si Abby dort,  je ne veux pas la réveiller en sursaut. Je m’incline vers elle. Elle serre contre sa poitrine le précieux flacon de parfum en forme de perruche. Son autre bras pend le long du drap. Je le repose sur la couverture. Les articulations sont raides. La main est froide. Je soulève un coin de l’oreiller. Son visage est livide. Du bout des doigts, je relève ses paupières gonflées. Les yeux sont vitreux. Un frisson me parcourt. Abby est morte, abandonnée à son sort comme une sans-abri au fond d’une cave. Je suis secoué. Je quitte la pièce en réprimant un haut-le-cœur. L’air frais m’empêche de tomber dans les vapes. Je claque la portière du taxi en pataugeant dans la cinquième dimension. Les craintes et les doutes me chahutent. Il faut d’abord que je sache si Madhi et Shirley sont parmi les victimes de l’attentat. Ensuite je raconterai mon histoire aux flics. Hors de question que je retourne voir le bigorneau du commissariat d’Hampstead. Je bredouille une nouvelle adresse. Le taxi redémarre. Je suis emporté dans une tornade d’émotions. Le chauffeur essaye de reprendre la conversation. Je suis incapable de lui répondre. Il en perd sa foi et sa bonne humeur. Nous sommes bloqués dans les embouteillages. Au terme d’un trajet fastidieux, il me largue sans regret devant l’entrée de New Scotland Yard. </p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"></blockquote></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le ventre de Jeanne</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jan 2015 16:32:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[romans]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce roman à obtenu une bourse de création du Centre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ce roman à obtenu une bourse de création du Centre National du Livre</strong></p>
<div class="sc-column-12 "><p><a href="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2015/01/VJ.png"><img class="alignnone size-full wp-image-620" title="Le ventre de Jeanne" src="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2015/01/VJ.png" alt="" width="640" height="480" /></a></p></div>
<div class="sc-column-12 last"><p><strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Editions Terriciaë -2015</strong></p>
<p><strong>Collection Sang-Noir- 326 pages</strong></p>
<p><strong></strong><span class="sc-dropcap">A</span>la Libération, quatre hommes et une femme émergent du chaos.</p>
<p>Sept ans plus tard, une tête d’enfant momifiée, un serment à accomplir et la quête d’une mythique statuette religieuse entrainent les personnages de récit dans un éprouvant périple.</p>
<p>Dans le climat singulier du début des années 50, les souvenirs  sont ravivés, les blessures maternelles et les séquelles de guerre s’avèrent bien moins cicatrisées qu’il n’y parait<br />
Toutes les facettes de la dualité, de la culpabilité et de la monstruosité se dévoileront au fils des pages jusqu’à révéler ce  qui cause l’étrange protubérance au ventre de la petite Jeanne.</p>
<p>Un roman dense et haletant qui navigue sur le fil de l’histoire vers les plus sombres rivages de l’âme humaine.</p></div><div class="clearboth"></div>
<div class="sc-divider"><a href="#">Un extrait</a></div>
<p style="text-align: justify;"><blockquote class="sc-blockquote"><p>Il remonta rapidement au premier étage où se trouvaient les locaux  réservés  aux enseignants. Les professeurs qui n’étaient pas de jury d’examen avaient déjà entamé leurs congés d’été. La salle était déserte. Il extirpa les certificats ensevelis sous une pile de copies et de documents administratifs. D’un geste vif, il les glissa dans sa serviette. Il allait  sortir rejoindre ses collègues attablés au restaurant quand, malgré les borborygmes de son estomac, il ne résista pas à l’envie d’ouvrir le colis que le concierge avait placé en évidence sur le dessus de son casier. Il jeta un coup d’œil aux timbres collés en ligne au dessus de l’adresse. Ils représentaient une cigogne portant un bébé dans son bec. Le tampon émanait d’un bureau de poste alsacien. Il pensa immédiatement à sa  tante Rachel, le seul membre de sa famille encore en vie. La vieille femme  habitait près de Strasbourg dans une maison de retraite.  En adressant ce colis à la faculté, elle avait probablement voulu réserver une surprise à Annette qui devait accoucher à la rentrée. Le paquet, à peine plus petit qu’une boîte à chaussures, était enrobé de plusieurs couches de papier Kraft soigneusement ficelées. David le posa sur un bureau et parvint à vaincre la carapace de carton en s’aidant d’une paire de ciseaux. Au milieu d’un rembourrage de journaux froissés, il trouva  une enveloppe à son nom et une sorte de bibelot protégé par un morceau de chiffon. Sans plus de précaution, il sortit rapidement l’objet de son emballage de tissus. En découvrant ce qu’il tenait dans ses mains, il éclata de rire. Sans précaution,  il laissa glisser la chose entre ses doigts. Celle-ci  retomba sur le bureau avec un bruit mat, avant de se mettre à osciller comme un monstrueux culbutos. David pensait être victime d’une blague de mauvais goût, concoctée par des étudiants facétieux ou revanchards. Soudain, il fut pris d’un terrible doute. Il se pencha sur le bureau afin d’examiner l’objet de plus près. Très vite,  il comprit qu’il n’avait pas devant lui, une grossière farce en papier mâché. David éprouva alors une irrépressible nausée. Enfonçant ses ongles dans une pile de buvards, il réprima le hoquet douloureux qui lui vrillait l’estomac. Sous ses yeux, la forme d’apparence humaine reposait sur un petit socle rond en bois grossièrement verni. C’était une  authentique tête coupée. Bien qu’approximativement de même taille, elle n’avait rien de commun avec celles réduites par les Indiens Jivaros, si reconnaissable à leurs  longs cheveux noirs, à leur nez empâté et leurs bouches fermées par des bâtonnets. Le crâne de celle-ci était parfaitement chauve et allongé en pain de sucre vers l’arrière. Au milieu de la face jaunâtre et parcheminée, la bouche était cousue de fil noir. Le nez était fin et pointu comme un bec d’oiseau. Cette tête momifiée, particulièrement répugnante, évoquait le faciès des extra-terrestres représentés sur les bandes dessinées américaines. David s’empara de l’enveloppe, l’ouvrit fébrilement et parcourut la longue lettre de l’expéditeur.<br />
Ligne après ligne, cette terrible confession lui apprenait la nature et la provenance de l’objet. Après un long moment d’hébétement, il se leva en chancelant. Ses jambes semblaient ne plus vouloir soutenir l’effroi et le dégout qui envahissait chacun de ses muscles. Il enveloppa, du bout des doigts, la tête dans son emballage et la dissimula au fond de son casier.<br />
S’il parlait de la lettre et de l’ignoble colis, David savait qu’il devrait  replonger dans les séquelles d’un conflit à peine cicatrisé. En aurait-il le courage ? Il hésitait. Son front ruisselait de sueur. Il fut pris de frissons. Son corps et son mental encore fragiles ne l’aidaient pas à se résigner. La déportation lui avait fait voir et subir  les plus insoutenables tortures. Pour surmonter une épreuve enfuie sous la meurtrissure de ses chairs et la  culpabilité diffuse d’être rentré vivant de l’enfer, il se forçait à croire que la bête était définitivement morte. Mais au plus profond de sa conscience, il savait que les avortons  de l’abjecte idéologie nazie n’avaient pas tous été emportés  dans les verdicts de Nuremberg.  Qui mieux que ceux qu’on avait traités comme des sous-hommes et dont ont avait massacré les frères par millions étaient aujourd’hui à même de leur faire la chasse ? C’était la raison d’être de leur organisation. De proie, David avait accepté de devenir chasseur. S’il avait imaginé qu’il allait se trouver, une fois de plus, confronté aux plus abjectes turpitudes de l’âme humaine, il aurait peut-être emporté la tête momifiée pour la brûler au fond de son jardin. Il n’en fit rien.  Il réfléchit encore un court moment puis il choisit de ne trahir ni sa dignité ni ses engagements.  Il allait informer Georges Rigault de cet envoi macabre et l’inciter à réunir au plus vite les membres du réseau Gallia.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"></blockquote></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les grandes affaires criminelles de la Côte d&#8217;Azur</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Jul 2014 15:23:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[romans]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; &#160;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="sc-column-12 "><p><a href="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2014/07/GACCA.png"><img class="alignnone size-full wp-image-378" title="GACCA" src="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2014/07/GACCA.png" alt="" width="640" height="480" /></a></p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><div class="sc-column-12 last"><p><strong>Editions De Borée &#8211; 2013</strong></p>
<p><span class="sc-dropcap">A</span> rnaud Gobin et Charles Bottarelli associent ici leur plume et leur talent pour relater ces récits dans une compilation regroupant plus de trente affaires parmi les plus emblématiques de la Côte d’Azur, s’étant déroulées de Toulon à Menton. Ces histoires  composent un ouvrage original et intriguant.<br />
(Note de l’éditeur)</p></div><div class="clearboth"></div><br />
<div class="sc-divider"><a href="#">Un extrait</a></div></p>
<blockquote class="sc-blockquote">Au début des années soixante, la Côte d’Azur est devenue une énorme bulle immobilière. Le moindre terrain vague étalant sa friche face au rivage  prend en quelques mois  une plus-value considérable. Le plus minable hôtel au bord de la faillite, la plus petite pinède ombragée et la plus décrépie des villas bâties sur les hauteurs de Cannes ou de Menton s’achètent et se revendent à des prix faramineux. Les banques ayant pignon sur rue, comme les officines de prêts et de crédits, plus ou moins véreuses, croulent sous les dossiers « juteux » et les projets d’investissements pharaoniques. Ce « miroir aux alouettes », poli à l’échelle du littoral, attire une armée  d’agioteurs, de promoteurs et de bâtisseurs avides de profits. Parmi eux, bon nombre de margoulins et d’aventuriers vont tenter leur chance à n’importe quel prix. C’est dans ce contexte frénétique où tous les coups semblent permis que va se dérouler une affaire criminelle particulièrement sordide, comme seule la cupidité sait en engendrer.  </p>
<p>À cent lieues de cette agitation,  Jacques ne se pose pas de questions sur la valeur de son patrimoine. Il occupe une modeste maison à la sortie de Mouans-Sartoux. Le bâtiment en parpaings, entouré d’une garrigue caillouteuse sert aussi d’entrepôt à son matériel de maçonnerie. Malheureusement pour lui, les spéculateurs ne se bousculent pas pour lui racheter un terrain pour le moment  sans grande valeur. En ce matin d’hiver 1964, le jeune artisan n’a donc pas la tête aux profits faciles. Il se contente d’accomplir une tâche modestement rémunérée. Marcelline R., une amie d’enfance, lui a demandé de niveler un peu de carrelage au rez-de-chaussée d’une villa de Mougins. Jacques a sorti une vieille ponceuse électrique de sa camionnette. Il a déposé le lourd transformateur en 220 volts devant la prise électrique de la chambre à coucher et évalue le travail. Dans un coin de la pièce, les deux mètres carrés de dalles neuves en opus incertum tranchent avec le vieux revêtement patiné. Son engin fera vite disparaître la différence entre les anciens et les nouveaux carreaux. Jacques choisit judicieusement le meilleur grain d’abrasif avant de fixer la meule au palet rotatif. Il mouille le sol pour retenir la poussière, branche la ponceuse et commence son travail dans un bruit infernal. Un bruit à « réveiller les morts » songe-t-il, agrippé au manche de sa machine. En pensant cela, Jacques ignore pourtant sur quoi il marche. Moins d’un mètre sous ses pieds gît un corps entièrement nu. Ce cadavre en décomposition est celui d’Odette Hillairet, l’ancienne locataire des lieux…</p>
<p>La victime était une femme active d’une soixantaine d’années. Avant de déménager à Mougins, elle occupait la villa « Reine des Alpes » à Cannes. Elle souhaitait vendre ce bien depuis longtemps, mais en demandait un prix beaucoup trop élevé. À cette époque, elle employait Marcelline R. comme femme de ménage. Celle-ci était devenue  la dame de confiance de sa patronne. En décembre 1963, elle lui présente son dernier amant en date : Jean-Baptiste N. L’homme se dit  négociateur de biens. De petite taille, il porte cravate et  semble flotter dans son imperméable. Avec son visage émacié sous le feutre vissé sur sa tête, il ressemble autant à un parrain de la camorra qu’à un petit fonctionnaire gratte-papier. Malgré tout, s’il n’a rien d’un Apollon, son charme discret ne laisse pas indifférentes les dames d’âge mûr. Il va aider Odette à recouvrer quelques dettes et s’engage à trouver un acquéreur pour sa propriété…<br /></blockquote>
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		<title>Conte à rebours(nouvelle)</title>
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		<pubDate>Wed, 04 May 2011 16:08:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[publiés]]></category>
		<category><![CDATA[romans]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><div class="sc-column-12 "><p><a href="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/Mauves2.png"><img class="alignnone size-full wp-image-468" title="Mauves" src="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/Mauves2.png" alt="" width="640" height="480" /></a></p></div><br />
<div class="sc-column-12 last"><p>&nbsp;<br />
<span class="sc-dropcap">E</span>nfermé dans la soute d’un bus urbain, un enfant africain déroule le film de sa jeune existence au rythme des arrêts le long de la promenade des Anglais.<br />
Cette nouvelle est parue dans le recueil collectif « Dix » édité à l’occasion du dixième anniversaire du salon du polar « Mauves en noir »</p></div><div class="clearboth"></div><div class="sc-divider"><a href="#">Un extrait</a></div> <blockquote class="sc-blockquote">Vite, Diaba, vite ! Le temps galope plus vite qu’une éléphante quand elle défend son petit. Oublie la mollesse et le tissu des sacs à dos. Bakary se moque des livres et des souvenirs. Bakary veut des billets, des bijoux, des appareils qui vivent avec des cœurs de foudre, comme la montre d’Issa. Oui, là, sous tes doigts… Tu sens le grain de la toile et le velouté du cuir ? Ouvre celle-là. Il te reste huit minutes. Huit comme les membres de ta famille avant ce jour terrible. La saison sèche s’achevait. Vous alliez rejoindre les hauts plateaux pour faire pousser le riz et l’igname. La vieille Aminata a aperçu, la première, la poussière rouge sur la piste du sud. Du sol desséché est monté le bruit des camions blindés puis vous avez entendu les gueulements des soudards en uniformes disparates. La troupe venait de la Sierra Leone ou du Libéria.</blockquote></p>
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		<title>Le banquet des Silphes</title>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 18:26:29 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<div class="sc-column-12 "><p><a href="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/sylphes1.png"><img class="alignnone size-full wp-image-376" title="sylphes" src="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/sylphes1.png" alt="" width="640" height="480" /></a></p></div>
<div class="sc-column-12 last"><p><strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Editions Après La Lune -2010</strong></p>
<p><strong>Collection Lunes blafardes n° 16 &#8211; 260 pages</strong></p>
<p><strong></strong><span class="sc-dropcap">D</span>es retraités qui se jettent des nuages, des meurtres bidon et des faux suicides, à la saison de la dinde et des étrennes, ce n’est sûrement pas la canicule qui provoque cette hécatombe dans cette maison de retraite huppée qu’est la Côte d’Azur.</p>
<p>Qui se cache derrière cette série de crimes particulièrement tordus? Un pervers amateur de corps fatigués ? Le visage de la vengeance, ou bien encore celui de la compassion ? Le dénouement de cette enquête viendra-t-il du ciel ? De Raymond, l’ex flicà gouaille de truand qui lui a jadis sauvé la vie ? A moins que ces meurtres aient un lien avec les sales blessures de Sidi Lahouari, les bas quartiers d’Oran en pleine guerre d’Algérie ?</p></div><div class="clearboth"></div>
<div class="sc-divider"><a href="#">Un extrait</a></div>
<p style="text-align: justify;"><blockquote class="sc-blockquote"><p>KOmomo était un clochard flottant comme on en trouve dans presque tous les ports de la Méditerranée. Avec leurs idéaux dans les cordes, leur espoir au tapis et la cervelle en purée par abus de picole ou de poudre à bonheur, tous s’étaient échoués dans la vase en troquant leurs rêves de lagons, de gloire ou de liberté contre un bout de crasse humide larguée au bout d’un quai. Comme eux, Mohamed avait planté sa raison en tête de mat et ancré ses semelles au fond d’une bouteille à la mer. Aux plaisanciers qui le payaient d’une pièce pour laver un pont ou réparer une haussière, il rabâchait les mêmes litanies haineuses contre la république des traîtres qui avait fait de lui une marionnette, contre les agents du SDECE et les barbouzes de de Gaulle qui n’avaient pas respecté leur contrat et l’avaient mis hors jeu. Quand l’alcool devenait seul maître à bord, il gueulait à la lune qu’il s’appelait Van Gogh et qu’il allait buter Renoir, Gauguin et les autres avant qu’ils ne le retrouvent et ne lui fassent la peau. Les soirs d’été, lorsque le quai d’accueil était bondé, les plaisanciers, parqués dans son purgatoire, lui lançaient des « ta gueule ! » dans toutes les langues de la méditerranée. Il finissait alors par se taire, emporté dans un sommeil agité par les démons de son passé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>KOmomo profita d’une accalmie entre deux averses pour rincer la lessive oubliée dans une bassine. La bôme de son rafiot servit d’étendage à un pantalon usé et à quelques tee-shirts troués. Plus tard, dans le carré puant, il ouvrit un paquet de chips et une boîte de maquereaux. Il engloutit son casse-croute avec les doigts, en sifflant un fond de piquette propre à décaper ce qui restait de vernis sur la table à cartes. Avant de s’assoupir, KOmomo rota la marée et la vinasse, en hommage à ses idoles dont les photos étaient punaisées sous les filets de rangement. Ses éructations rendaient honneur à des gloires passées comme Alphonse Halilmi, le champion du monde poids coq immortalisé à l’issue de son combat contre Mario d&rsquo;Agata, mais aussi Robert Cohen le gamin du port d’Annaba qui était parti défendre sa ceinture mondiale face à Willie Toweel dans le Rand Stadium de Johannesburg. KOmomo saluaient aussi de ses rots des gamins des cités devenus des princes du ring comme Benguesmia, Ould Makhloufi ou Laicif Hamani, qui posaient fièrement, poings en garde, sur des clichés jaunis par le temps et décolorés par le sel. Le vieil Harki les avait tous consolés, combattus ou managés, eux, leurs aînés ou leurs cousins.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avant d’être entraîneur, il avait joué les gros bras dans les bordels et couru les combats clandestins pour le compte d’Ahmed Cheragba, un souteneur de Bab el-Oued. Du soir au matin, le gamin avait bossé aux claques de la casbah, et boxé au black pour Cheragba, dans les tripots d’Alger la Blanche et de Boufarik, l’émeraude de la Mitidja. Pendant vingt ans, il avait distribué des marrons dans les salles moites et bruyantes de la ville des oranges, avant de se prendre un pruneau FLN dans l’épaule, le jour des accords d’Evian. Puis ce fut le dernier round avec débarquement forcé à Marseille et le quotidien des galères, des petits boulots, des petits trafics, des petites salles minables où il servait de punching-ball aux petites frappes de quartier, des petits taudis dans le Panier, et des filles de petite vertu au tapin quai de Rive Neuve ou rue Saint-Saëns. A traîner ses espadrilles sur les ports de l’Escalette, de la Pointe Rouge et de Malmousque, en reniflant les embruns qui pourraient lui apporter une odeur de jasmin et de fleurs d’oranger, il avait fini par se dégoter une fin de carrière pépère sur la Jeannette, une barquette à voile latine qui traquait le fretin de roche. Tout en apprenant la rose des vents et les épines des vives, Mohamed s’était tranquillement pris des rides à pêcher de l’eau les jours où Saint Pierre maudissait le fils d’Allah ou à démailler toute la journée des cageots de gallinettes quand la Bonne Mère faisait une fleur à son patron.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce que le ring et la bouillabaisse ne lui avaient pas rapporté, c’est un billet de loterie qui s’en chargea. Mais le pont en teck et les hiloires en acajou du Chassiron acheté d’occasion avec les fruits de la chance ne connaîtraient jamais le port de Sidi Fredj. A force de caboter comme un timide entre Port-de-Bouc et Saint-Jean-Cap-Ferrat et de repousser sa traversée de la Grande Bleue en s’imbibant de gros rouge, Mohamed s’était changé en KOmomo. Echoué à Saint- Laurent, il avait rapidement touché le fond de cale et troqué les rivages limpides de Bou Haroun contre des hectolitres de pinard en bouteilles capsulées et les poubelles de la pizzeria qu’il disputait aux chats errants.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"></blockquote></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les grandes affaires criminelles des Alpes-maritimes</title>
		<link>http://arnaud-gobin.fr/les-grandes-affaires-criminelles-des-alpes-maritimes/</link>
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		<pubDate>Sun, 05 Oct 2008 18:29:18 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; &#160;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="sc-column-12 "><p><a href="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/GACAM.png"><img class="alignnone size-full wp-image-378" title="GACAM" src="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/GACAM.png" alt="" width="640" height="480" /></a></p></div>
<p>&nbsp;</p>
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<p><div class="sc-column-12 last"><p><strong>Editions De Borée &#8211; 2008</strong></p>
<p><strong>Préface de Georges Lautner</strong></p>
<p><span class="sc-dropcap">L</span> ’évocation des Alpes-Maritimes fait immédiatement songer aux charmes de la Côte d’Azur, à ses casinos et aux flâneries sur la Croisette&#8230; On aimerait croire que cette terre de métissage a été préservée des crimes odieux qu’engendrent le vice, la jalousie ou la cupidité. Il n’en est rien ! Dans ces paysages contrastés, on assassine aussi sauvagement dans les fermes perdues de l’arrière-pays que dans les riches villas de la Riviera.<br />
La vingtaine d’affaires criminelles relatées ici ont fait l’actualité de ce département depuis le xixe siècle jusqu’à récemment, avec la mort de Ghislaine Marchal. Elles se sont déroulées des rivages de Cannes à ceux de Menton, en passant par les palaces niçois, qui résonnent encore des souvenirs de malles sanglantes, de crimes sordides et de condamnations à mort.<br />
Ces pages insolites mèneront le lecteur sur les traces d’Henri Vidal (le tueur de femmes), de la veuve Portois, du bandit Brysgaloff et du monstre de Vallauris. Elles l’entraîneront dans les mystérieuses affaires du cadavre d’Antibes et du Palais de la Méditerranée…</p></div><div class="clearboth"></div><br />
<div class="sc-divider"><a href="#">Un extrait</a></div></p>
<blockquote class="sc-blockquote">« Petite Jeannine née ce matin… Stop… beau bébé 3,5 kilos…Stop… maman se porte bien…Stop » dans un bureau de Poste à deux rues de là, un jeune télégraphiste auxiliaire expédie son dernier télégramme. Casimir Tahon a 28 ans. En tant que mutilé de guerre, il bénéficie d’horaires allégés. Il salue ses collègues et part retrouver sa femme et ses deux enfants en bas âge. A l’angle de la rue de France, il tombe nez à nez avec le petit groupe d’hommes qui talonne Riaboff. Casimir Tahon se joint à eux sans hésiter. Aider à l’arrestation d’un criminel est un devoir. Pour lui qui a connu quatre ans durant la vie des tranchées et les charges baïonnette au canon, c’est une formalité sans grand danger. Il a d’ailleurs prouvé son courage, deux mois plus tôt, en arrachant un couteau des mains d’un agresseur en fuite avant de le livrer à la police&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Riaboff a renoncé à rentrer dans l’église dont la grille n’a pas cédé sous ses coups d’épaule. Il contourne le pâté de maisons en espérant se dissimuler parmi les passants de la rue Massenel. Mais les trottoirs sont presque déserts en ce début d’après-midi. Riaboff est aux abois. Il reprend sa course en entendant les cris de ses poursuivants. Un confiseur qui caramélise des pralines devant sa boutique tente de le déséquilibrer en brandissant sa cuillère en cuivre mais Riaboff lui agite son énorme Mauser sous le nez. Le commerçant opère une retraite prudente derrière sa vitrine. Le fuyard songe alors à se cacher dans les cours ou les jardins des villas, mais il abandonne cette idée et poursuit sa folle cavale vers le front de mer. Pierre Riaboff est hors d’haleine. Il veut par tous les moyens échapper aux cinq citoyens qui l’ont pris en chasse. En plus du concierge et du jeune télégraphiste galopent désormais derrière lui, comme une petite meute à l’hallali, un croupier, un bijoutier et un chauffeur de maître à la carrure de catcheur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Riaboff longe maintenant la façade de l’hôtel du Luxembourg. La poursuite mouvementée a attiré une petite foule de curieux. L’agent Honnart, de service sur la Promenade des Anglais est intrigué par cet attroupement. Informé des événements et conscient du danger, il empêche les curieux d’avancer. Riaboff est désemparé. Il s’engouffre dans le bâtiment contigu à l’hôtel. C’est là que sont installés les bureaux de la Société des Autocars et ceux de la Compagnie Général Transatlantique. Riaboff met en joue les employés terrorisés en cherchant désespérément une issue qu’il ne trouve pas. Pris de panique, il ressort dans la rue pour se retrouver face à ses poursuivants. Il est coincé, mais il est bien décidé à vendre chèrement sa peau. Il pointe son pistolet de gros calibre en direction du groupe et fait feu. Le bijoutier s’écroule dans une mare de sang. La balle lui a transpercé la cuisse. L’agent Honnart tire à son tour sur le criminel mais son vieux revolver d’ordonnance refuse de fonctionner. Riaboff profite de la panique pour regagner le hall du bâtiment. Rapide comme l’éclair, il s’engage dans un long couloir qui aboutit aux dépendances de l’hôtel du Luxembourg. De là, il gravit un échafaudage et grimpe sur une petite toiture en réfection. Il pense se dissimuler derrière la balustrade en pierre ajourée, mais la foule l’aperçoit et crie d’une seule voix « Il est sur le toit !… Il est sur le toit ! ». Riaboff comprend qu’il ne peut pas s’enfuir de son promontoire. Il rebrousse chemin et revient dans l’hôtel. L’agent Honnart et le jeune télégraphiste décident alors de lui tendre une souricière. Ils contournent l’édifice jusqu&rsquo;à une entrée de service. L’agent pénètre prudemment dans les communs de l’hôtel. Devant la porte de la lingerie, il essuie deux coups de feu qui le loupent de peu. Casimir Tahon s’engouffre à son tour dans l’immeuble. Le jeune télégraphiste ne fera pas trois pas. Riaboff le vise et tire. C’est le drame. Casimir Tahon s’écroule, mortellement blessé à l’abdomen.</p>
<p>&nbsp;</p></blockquote>
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		<title>Les Hyenes</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Apr 2007 17:53:36 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<div class="sc-column-12 "><p><a href="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/hyenes.png"><img class="alignnone size-full wp-image-380" title="hyenes" src="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/hyenes.png" alt="" width="640" height="480" /></a></p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="sc-column-12 last"><p><strong>Editions Après La Lune -2007</strong></p>
<p><strong>C<strong>ollection Lunes blafardes n° 12</strong><br />
<strong>Finaliste du prix du premier roman policier de Lens.</strong><br />
<strong>Sélectionné au prix du polard méditerranéen de Villeneuve lez Avignon.</strong></strong></p>
<p><span class="sc-dropcap">D</span>es personnalités du monde politique, industriel et artistique de la Côte d’Azur sont torturées et assassinées dans des mises en scène particulièrement sauvages et scabreuses. Entre Stéphanie la transsexuelle, Étienne le travesti occasionnel et Sandra, obsédée par la recherche de son demi-frère, les suspects ne manquent pas. À moins que cette hécatombe ne soit commanditée depuis la Tchétchénie ? Ou par un réseau d’intégristes ? Le commissaire Cassoni et son équipe s’engagent dans une haletante chasse aux fauves. Au terme d’un tourbillon sanglant, les hyènes leur réserveront une bien étrange surprise. Un roman plein de punch, d’humour et de rebondissements.</p></div><div class="clearboth"></div>
<div class="sc-divider"><a href="#">Un extrait</a></div>
<blockquote class="sc-blockquote"><p>Le premier crime avait eu lieu fin avril. La victime était Charles Santony, le baron de l’huile d’olive industrielle et des spécialités locales surgelées. On l’avait empêché sans ménagement de traîner son sourire de laquais jusqu’aux élections où il devait mener une liste d’extrême droite. C’est la première équipe du matin qui avait découvert son corps déguisé en épouvantail dans une petite usine de conditionnement sur la zone industrielle de Mandelieu. On avait affublé sa tête d’affiche électorale d’une perruque de maquerelle surmontée d’un vieux chapeau de paille et son veston était bourré de paillons destinés à protéger les bouteilles de la casse. Le candidat à la députation était écartelé entre les fourches d’un porte-palettes et empalé sur un manche à balai délicatement lubrifié avec de la première pression à froid extra vierge. Pour parachever cette macabre mise en scène, on avait pieusement déposé au pied du cadavre, un bocal de jus d’olive où baignaient ses testicules comme deux crottins de Chavignol mis à mariner. Le légiste avait compté plus d’une cinquantaine de brûlures de cigarette sur son visage et constaté que ses poumons avaient explosé sous la violence des coups portés au thorax avec l’objet contondant de service. Sa carte bancaire s’était baladée dans plusieurs distributeurs de la région. Le coffre de sa villa, bâtie sur les hauteurs de Valbonne, avait été vidé sans effraction de toute la monnaie qu’il contenait.</p>
<p>Trois semaines plus tard, un matelot philippin retrouvait son capitaine moins habillé qu’une clandestine bulgare tapinant sur le périf et guère plus vivant qu’un tigre de Sibérie empaillé. Le mafieux Moscovite était étendu sur un couvre-lit en pashmina ivoire, dans la cabine de son voilier amarré au port de la Napoule. Le cérémonial était identique. Le visage blanchi au savon à barbe, un petit bougeoir en laque de chine enfoncé dans le nez et une perruque punk rouge fluo faisaient ressembler l’ancien oligarque à un clown du cirque de Moscou. Sur son ventre bondé à la japonaise avec des embrasses de rideaux et hérissé de cure-dents en argent profondément enfoncés dans les chairs, on avait déposé une coupe en cristal sablé de Lalique remplie de Don Pérignon « Grande Réserve » dans lequel baignait le modeste pénis du défunt, tranché à l’aide d’un coupe-cigare. Un couteau mongol au fourreau incrusté de lapis-lazuli était introduit jusqu’à la garde dans une intimité rectale échappant à la surveillance de l’ex KGB. L’autopsie révéla que ces tortures avaient été pratiquées après que Mikhaïl Bovanenko soit mort étouffé par un verre à vodka rempli d’ossetra impérial de chez Pétrossian, qu’un indélicat, préférant la daube à la niçoise et les beignets de fleurs de courgettes, avait poussé au fond de sa gorge à l’aide d’une cuillère en vermeil à manche de nacre. Là aussi le grenier à grain dissimulé dans un meuble en loupe de cade et ronce d’arbousier avait été vidé de son contenu sonnant et trébuchant.</p>
<p>Les deux affaires avaient été confiées au service régional de la police judiciaire. Malgré des moyens d’investigations scientifiques dernier cri et une équipe renforcée placée sous les ordres du commissaire principal Simon Cassoni, aucun témoignage probant n’avait pu être recueilli. Santony vivait seul et avait accès au système d’alarme de l’usine de Mandelieu qui n’était pas gardée. Bovanenko avait donné congé à tout son équipage la nuit où il avait convié son destin à bord et les noctambules qui flânaient sur les quais ce soir-là n’avaient pas remarqué de visiteur empruntant la passerelle du voilier. Les différents objets prélevés sur les scènes de crime avaient été vaporisés au cyanoacrylate et soumis à la métallisation sous vide sans qu’aucune trace papillaire ne soit décelée. Les policiers n’avaient pas relevé le moindre indice ni la plus microscopique trace</p></blockquote>
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		<title>Quand mon vrai père il est mort pour de faux</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Oct 2004 17:29:39 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; &#160;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="sc-column-12 "><p><a href="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/QMVP.png"><img class="alignnone size-full wp-image-382" title="QMVP" src="http://arnaud-gobin.fr/wp-content/uploads/2012/05/QMVP.png" alt="" width="640" height="480" /></a></p></div>
<p>&nbsp;</p>
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<div class="sc-column-12 last"><p><strong>Éditions Osmondes -2004</strong></p>
<p><strong><br />
</strong><span class="sc-dropcap">U</span>n jeune assassin d’enfant, rongé par la quête terrifiante d’un amour exclusif, raconte avec humour et gravité ses dix années d’errance géographique et psychologique. Ce récit dramatique offre matière à une réflexion sur le rôle des travailleurs sociaux, des psychiatres et des juges lorsque les causes de la souffrance et de la violence meurtrière résistent à la prise en charge. À la fois docu-roman et autobiographie fictive, cette histoire émouvante et sans concession ne laisse pas indifférent.</p></div><div class="clearboth"></div>
<p><div class="sc-divider"><a href="#">Un extrait</a></div><br />
<blockquote class="sc-blockquote"><p>Le lendemain matin, on est retournés à l&rsquo;église comme le mois d&rsquo;avant pour mamie Roseline. Il faisait super beau, mais on était quand même limite de se les geler dans la grande baraque en pierre du curé. On s&rsquo;est retrouvés avec la moitié du quartier alignée sur les chaises en paille. Y&rsquo;avait quasi toutes les voisines et les bonhommes en retraite, au chômage, ou qui pouvaient plus bosser à cause de l&rsquo;huile de vidange qu&rsquo;ils crachaient dans le caniveau. Entre les spectateurs et l&rsquo;estrade où le curé était déguisé en Blanche Neige, y&rsquo;avait le colis en bois où mon petit frère était allongé, raide comme ma gounette du matin.</p>
<p>L&rsquo;église devait être en travaux et les ouvriers du cureton devaient pas avoir eu le temps de ranger leur bazar, parce que le colis de mon petit frère était posé sur des tréteaux et une planche où il restait collé du papier peint brillant de la même couleur que les varices de ma mère.</p>
<p>Sur le côté de la scène du curé, la mère Delbecque gonflait un gros soufflet de forge pour qu&rsquo;une autre vieille avec une perruque violette puisse faire de la musique qui fait pleurer avec un petit piano plein de boutons et de pédales.</p>
<p>Au dessus d&rsquo;elles, le soleil était juste derrière un grand carreau plein de dessins en couleur. Ca représentait une douzaine de vieux à barbes, habillés en bonnes femmes, avec des assiettes derrière la tête. Ils étaient assis devant une grande table avec au milieu un mec enveloppé dans un drap blanc qu&rsquo;était le seul à se taper une miche de pain et un verre de pinard. Les autres ils le regardaient en souriant mais y devaient faire la gueule que le serveur du resto leur ait encore rien donné à bouffer!</p>
<p>Quand le curé a fini par arrêter de ranger des bibelots en plaqué or sur la cheminé du fond, il s&rsquo;est mis à causer dans un boulet de charbon qui sortait d&rsquo;un tuyau de douche. On a entendu sa voix vachement forte qui résonnait comme à la gare pour dire que les trains ont du retard. J&rsquo;ai baissé la tête pour le regarder lever les bras au ciel comme le sergent Garcia quand il se fait choper par Zorro. Comme il s&rsquo;est mis à lire dans un gros bouquin des trucs que j&rsquo;avais rien à foutre, et que je voulais pas trop regarder en bas le paquet de Cédric à expédier, j&rsquo;ai préféré mater la statue du mec à poil au dessus de sa tête. Le type maigrichon en plâtre avait juste un torchon de vaisselle sur le zizi et les transitions avaient dû lui coller un début de panier en branches piquantes sur le front avant de le clouer n&rsquo;importe comment sur une poutre de grenier. Les clous lui dépassaient des pieds et des mains comme sur leurs meubles en ruines qu&rsquo;on peut gagner à la tombola.</p>
<p>Je me suis rendu compte que ce mec qui pendait en saignant des paluches et des panards comme une marionnette de guignol qu&rsquo;aurait cassé ses ficelles, y ressemblait vachement à celui du carreau en couleur. J&rsquo;ai repensé aux tableaux en peinture, que j&rsquo;avais vus en rentrant, alignés comme dans un Spirou, le long des murs de l&rsquo;église. J&rsquo;ai compris que ça racontait l&rsquo;histoire du bonhomme. Les barbus en manteaux de gonzesse, ils en avaient eu marre de voir le mec se caler les gencives et picoler tout seul sans partager. Ils l&rsquo;ont emmené chez le Shérif qu&rsquo;était en train de se laver les pognes dans une cuvette pour qu&rsquo;il lui colle une punition. Le pauvre type avait dû traverser toute la ville sans ses fringues en portant ses poutres sur le dos pendant que des zigues lui crachaient à la gueule ou lui collaient des coups de trique sur le cul. Arrivé en haut d&rsquo;un terril, ils avaient demandé à Mamadou et aux autres transitions de le punaiser sur les madriers en même temps que le serveur et le patron du resto qu&rsquo;avaient pas fait leur boulot. Une fois qu&rsquo;il avait séché comme un prisonnier des nazis, ils l&rsquo;avaient accroché en grand au fond de l&rsquo;église, et en maquette chez la mère Delbecque pour qu&rsquo;il serve d&rsquo;exemple aux mômes égoïstes qui veulent pas partager leurs tartines.</p>
<p>Le curé à fini par arrêter de débiter ses salades aussi chiantes qu&rsquo;une leçon de grammaire. Il est descendu de son estrade avec une matraque en plaqué or pour se pointer devant la boite où mon petit frère attendait qu&rsquo;on lui colle une étiquette et un coup de tampon d&rsquo;encre bleue.</p>
<p>Le soleil est passé derrière un nuage et toutes les taches de couleur qui décoraient le colis de Cédric ont disparu. C&rsquo;est là que je me suis rendu compte que le colis de Cédric c&rsquo;était de la pacotille. Le curé y devait être comme la receveuse des postes : si t&rsquo;avais pas de ronds, il te mettait dans un paquet à cent balles qui coûtait moins cher à poster au ciel.</p>
<p>&nbsp;</p></blockquote></p>
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